Vous avez un site internet, ou vous souhaitez en créer un. Vous avez, peut-être, déjà travaillé avec un prestataire, ou vous envisagez de vous lancer seul.
Dans tous les cas, il y a de grandes chances que vous soyez passé à côté de trois points qui font pourtant toute la différence entre un site qui génère des contacts… et un site qui dort.
Alice, fondatrice de Studio Petit Vélo, accompagne des indépendants et des entreprises à Bordeaux depuis plusieurs années. Voici ce qu’elle observe, au fil du temps, sur les sites de ses clients.
Les points clés à retenir
- Posez votre offre par écrit avant de toucher au design
- Écrivez votre “promesse” : la phrase la plus importante de votre site
- Choisissez vos mots-clés avec méthode
- Construisez l’arborescence de votre site
- Rédigez vos contenus en pensant à votre lecteur, pas à votre secteur
- Relisez votre site avec les yeux d’un inconnu
Une offre floue = un site inutile
La première question qu’Alice pose à chaque nouveau client n’est pas “quel design vous plaît ?“. C’est : “Qu’est-ce que vous vendez, exactement ?“
La réponse n’est pas toujours évidente. Loin de là.
"Il nous est déjà arrivé de récupérer des projets où un site existait depuis plusieurs années, et où en se baladant dessus, on n'avait pas du tout compris quels étaient les services à vendre. Si nous, en tant qu'experts, on ne comprend pas… le client potentiel va encore moins comprendre."
Ce n’est pas une question de mauvaise volonté. C’est simplement que beaucoup d’indépendants naviguent à vue : ils changent leurs offres régulièrement, n’ont pas toujours de catalogue structuré, et n’ont jamais vraiment posé par écrit ce qu’ils proposent, à qui, et à quel tarif.
Résultat : le site reflète ce flou.
L'exemple de la location de salle
Alice revient souvent sur un cas précis. Un prestataire loue une maison historique pour des privatisations, soirées d’entreprise, réceptions privées. Sur son ancien site, cette information était quasi introuvable.
Ce qu’on voyait en revanche ? Des ateliers de dégustation, des activités à la journée. Les visiteurs croyaient devoir réserver une place pour un atelier… et ne comprenaient pas qu’ils pouvaient privatiser le lieu entier.
"Il y a très souvent un gros décalage entre ce qui se passe en vrai et ce que l'entreprise a réussi à retranscrire sur son site."
Les prospects étaient donc obligés de téléphoner pour comprendre l’offre. Ce qui ne devrait jamais arriver.
Ce qu'un site doit faire à la place
Un site internet, c’est avant tout un outil commercial. Son rôle est de donner au visiteur toutes les informations dont il a besoin pour décider de vous contacter (ou pas).
Alice résume cela simplement :
Un bon site, c'est un site qui répond à ce que les clients s'attendent à trouver."
Cela passe par des réponses claires à des questions très concrètes :
- Qu’est-ce que vous proposez ?
- Comment ça fonctionne ?
- Faut-il demander un devis ?
- Peut-on commander en ligne ?
- Quelle zone géographique couvrez-vous ?
Ces informations paraissent évidentes. Et pourtant, elles sont absentes de la majorité des sites.
💡 Conseil d'Alice : Avant de réfléchir au design ou aux couleurs, posez votre offre à plat, par écrit et en détail. C'est la base de tout.
Le vocabulaire : parler comme vos clients, pas comme votre secteur
Une fois l’offre définie, encore faut-il la formuler avec les bons mots. Et c’est là qu’un second piège attend la plupart des créateurs de site.
"Le langage qu'on a l'habitude d'employer au quotidien, en tant que professionnel, ne correspond pas du tout au langage de ses clients."
Cela vaut pour tous les secteurs : un coiffeur, un kinésithérapeute, une école de kitesurf ou un consultant en stratégie. On utilise des termes techniques que l’on ne questionne plus, mais que le client, lui, ne maîtrise pas et ne cherchera jamais sur Google.
La promesse : la phrase la plus importante de votre site
Alice a une conviction forte sur ce sujet. La phrase la plus importante d’un site, elle l’appelle “la promesse“. C’est la toute première phrase que le visiteur lit en arrivant sur votre page d’accueil.
"C'est celle qui dit aux visiteurs : vous êtes à tel endroit, nous faisons ça, et nous nous adressons à telle personne. Elle permet au prospect de répondre immédiatement à la question : est-ce que je suis au bon endroit ?"
Si cette phrase est absente, trop vague ou trop technique, le visiteur repart. Et sur la plupart des sites, cette phrase n’existe tout simplement pas ou est noyée à mi-page.
Partir du problème du client, pas de vos outils
Un thérapeute qui liste ses méthodes (EMDR, hypnose ericksonienne, cohérence cardiaque…) sans expliquer à quoi elles servent dans la vie concrète de ses patients perd ses visiteurs. Ce n’est pas que les méthodes ne comptent pas. C’est que le prospect, lui, cherche une réponse à son problème, pas un catalogue de techniques.
"Un prospect qui arrive sur un site, c'est parce qu'il cherche un service. Ce qui l'intéresse, c'est de passer d'un état A (qui ne le satisfait pas) à un état B (où son problème est réglé). La personne avec laquelle il travaillera sera celle qui l'aura aidé à se projeter vers cet état B."
Les mots-clés : ce que vous pensez que les gens cherchent… et ce qu'ils cherchent vraiment
Ce décalage de vocabulaire a aussi un impact direct sur le référencement. Alice s’appuie sur des logiciels spécialisés (SEMrush, SE-Ranking) pour analyser les volumes de recherche réels.
"On a tous des idées préconçues. On est convaincu que 'coiffeur haut de gamme à Bordeaux' est un mot-clé important. On le tape dans le logiciel… et personne ne recherche ça. Ça nous permet d'évacuer ces mots-clés et d'aller chercher ceux que les gens tapent vraiment."
Un exemple concret qu’elle cite souvent : optimiser une page “Contact” avec le mot-clé “contact” ne sert strictement à rien. Personne ne tape “contact” dans Google pour trouver une agence. En revanche, “contacter une agence pour un site internet à Bordeaux” là, c’est une vraie recherche.
💡 Conseil d'Alice : Écrivez pour votre client, pas pour vos confrères. Et vérifiez que les mots que vous utilisez sont ceux que vos clients tapent réellement dans Google.
L'organisation de l'information : guider, ne pas laisser chercher
Vous avez une offre claire. Vous avez les bons mots. Reste à les organiser de façon logique dans votre site web pour que le visiteur trouve ce qu’il cherche sans effort.
"Il y a des automatismes de navigation. L'œil a l'habitude d'aller se balader sur des zones précises. Notre travail, c'est de répondre à ces automatismes pour que le client se retrouve dans un endroit familier, même s'il ne connaît pas le site."
Alice compare cela à l’expérience dans un magasin Ikea : c’est le magasin qui guide, pas le client qui cherche. Un site bien structuré fonctionne de la même façon.
Les deux erreurs d'organisation les plus fréquentes
Première erreur : parler de soi dès la première ligne. Sur les sites de photographes notamment, Alice observe que dans la quasi-totalité des cas, la page d’accueil commence par l’histoire du prestataire. “Un visiteur qui arrive sur un site cherche une prestation pour lui. La vie du prestataire, pour lui, c’est facultatif. Mettre ça en premier, ça n’est jamais lu.”
Deuxième erreur : développer les valeurs de l’entreprise au détriment des services. “Les entreprises ont parfois peur de faire trop commercial. Mais quand j’arrive sur le site d’un chocolatier, j’ai envie de trouver tout de suite des chocolats.”
Ce qui doit être visible en premier
Alice applique une règle simple : les informations les plus importantes pour l’entreprise (les services qui génèrent le plus de contact ou de chiffre d’affaires) doivent être visibles immédiatement, sans avoir à scroller.
"Le temps de concentration sur une page, c'est entre 3 et 10 secondes. Les gens scrollent à toute vitesse. Plus on descend dans la page, moins les gens s'y intéressent."
Les pages qu'on oublie, et qui font la différence
Deux pages sont régulièrement sous-estimées. La page “À propos” d’abord, que beaucoup résument à quelques lignes sur la page d’accueil, alors qu’elle peut accueillir des cas clients, des valeurs d’entreprise, et créer une vraie connexion humaine avec le visiteur. La page FAQ ensuite.
"Tous les clients que j'accompagne me disent que lors de leurs appels avec des prospects, on leur pose toujours les mêmes questions. Je leur dis : pourquoi ces questions ne sont-elles pas sur votre site ? Ça rassure, ça montre qu'on a déjà pensé à tout."
💡 Conseil d'Alice : Pensez votre site comme un chemin balisé. Votre visiteur ne doit jamais avoir à chercher. Vous décidez de ce qu'il voit, dans quel ordre, et pour quelle raison.
Par où commencer si vous créez votre site seul ?
Pour ceux qui se lancent sans accompagnement, Alice recommande de commencer par des plateformes avec des templates préconçus (Squarespace, certains modèles Wix), dont l’architecture est déjà logique. “Au moins, la trame visuelle est posée. Il n’y a plus qu’à se concentrer sur le fond.”
Et pour le fond, elle résume sa méthode en quatre questions :
- Qui est mon client ?
- Qu’est-ce que je propose exactement ?
- Comment fonctionne chaque service ?
- Comment me contacter ?
Si vous pouvez répondre à ces quatre questions clairement, vous avez la matière pour un site qui fonctionne.
Ce qu'Alice a appris… sur son propre site
Alice est honnête sur ses propres débuts. Quand elle a lancé Studio Petit Vélo, elle proposait du web, du référencement, du coaching pour le syndrome de l’imposteur, du community management, de la photo et des vitrines pour boutiques, …
"Je me suis dit : les gens ne vont rien capter. Et moi, ça me demande beaucoup d'efforts pour plein de choses différentes, alors que je pourrais être reconnue comme experte sur un ou deux sujets."
Elle a tout repris à zéro, recentré l’offre sur deux expertises (la création de site et le référencement) et reconstruit le site autour de ça. Simple, lisible, efficace.
Conclusion
Créer un site internet qui attire de vrais clients, ce n’est pas une question de budget ou de design. C’est une question de méthode : une offre bien définie, des mots que vos clients comprennent et cherchent vraiment, et une organisation qui leur donne envie de rester.
Si vous sentez que votre site ne reflète pas ce que vous faites, ou qu’il n’attire pas les bons contacts, Studio Petit Vélo peut vous accompagner.
Questions fréquemment posées
Est-ce qu'il faut d'abord penser au design ou au contenu quand on crée un site ?
Au contenu, toujours en premier. La plupart des gens veulent commencer par le design, mais si l’offre n’est pas clairement définie, le site ne pourra pas remplir son rôle commercial, quel que soit son aspect visuel.
Combien de temps un visiteur reste-t-il sur une page avant de partir ?
Entre 3 et 10 secondes en moyenne. C’est pourquoi les informations les plus importantes doivent être visibles immédiatement, sans avoir à scroller.
Quelles sont les pages indispensables sur un site internet ?
Une page d’accueil, des pages de service détaillant chaque prestation, une page à propos, une page contact avec formulaire, et une FAQ. Cette dernière est souvent oubliée, alors qu’elle répond aux questions que les prospects posent systématiquement par téléphone.
Peut-on faire du SEO sans avoir défini son offre au préalable ?
Non. Sans offre claire, il est impossible de définir une stratégie de mots-clés cohérente. Le référencement repose entièrement sur la compréhension de ce que le site propose et à qui.
Est-ce qu'une intelligence artificielle peut remplacer un outil de recherche de mots-clés ?
Non. Les IA ne sont pas conçues pour fournir des données statistiques fiables sur les volumes de recherche. Seuls des outils spécialisés comme SEMrush ou SE-Ranking donnent des chiffres réels sur ce que les gens tapent dans Google.
Par où commencer si on crée son site tout seul ?
Répondre d’abord à quatre questions :
- Qui est mon client ?
- Qu’est-ce que je propose exactement ?
- Comment fonctionne chaque service ?
- Comment me contacter ?
Ensuite, utiliser une plateforme avec des templates préconçus comme Squarespace, dont l’architecture est déjà logique.


