L’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres.
Vos clients l’utilisent, vos concurrents aussi, et peut-être vous-même.
Beaucoup pensent qu’elle a remplacé Google, qu’elle suffit pour trouver des mots-clés, ou qu’elle permet de produire du contenu efficace en quelques minutes.
Alice, fondatrice de Studio Petit Vélo, accompagne des indépendants et des TPE sur leur référencement depuis plusieurs années. Elle observe ces usages au quotidien. Et elle a quelques mises au point à faire, sans jargon, sans catastrophisme, mais avec franchise.
Les points clés à retenir
- Posez votre offre par écrit avant de toucher au design
- Écrivez votre “promesse” : la phrase la plus importante de votre site
- Choisissez vos mots-clés avec méthode
- Construisez l’arborescence de votre site
- Rédigez vos contenus en pensant à votre lecteur, pas à votre secteur
- Relisez votre site avec les yeux d’un inconnu
L'IA ne remplace pas Google, les chiffres le confirment
Commençons par une idée reçue très répandue. Beaucoup de gens ont aujourd’hui la conviction que les moteurs de recherche sont en train de mourir et que tout le monde fait ses recherches via l’IA.
Alice a creusé le sujet. Ce qu’elle a trouvé : en 2025, les plateformes d’IA représentaient 0,16 % du trafic internet total en France. Autrement dit, les moteurs de recherche restent très largement dominants dans les usages réels.
(source : https://seranking.com/fr/blog/trafic-ia-france-2025/)
Pour quelles applications concrètes ses clients utilisent-ils l’IA ? Surtout des questions d’ordre privé : recettes, organisation, voyages.
Dans le cadre professionnel, ils s’en servent principalement pour générer du contenu ou chercher des idées de mots-clés.
Deux usages qui, comme on va le voir, posent des problèmes bien précis.
💡 Conseil d'Alice : L'IA n'a pas remplacé Google. Elle complète certains usages, mais le référencement naturel reste le canal principal par lequel vos clients vous trouvent en ligne.
L'IA et les mots-clés SEO : attention aux fausses certitudes
C’est le point sur lequel Alice est la plus directe.
Régulièrement, ses clients arrivent avec une liste de mots-clés générée par ChatGPT, convaincus de lui faire gagner du temps.
Le problème : les IA ne sont pas des outils conçus pour faire de la recherche sémantique.
Elles ne donnent pas de statistiques fiables sur les volumes de recherche, la difficulté d’un mot-clé ou son potentiel commercial.
Ce qu’elles font, c’est proposer des termes qui leur semblent cohérents, basés sur ce qu’elles ont lu sur internet, sans aucune analyse chiffrée derrière.
Alice a testé cela systématiquement :
"Sur 50 mots-clés générés par une IA, j'en ai deux ou trois qui fonctionnent vraiment. Tous les autres ne sont pas des mots recherchés."
Quand elle demande à l’IA sur quelles données elle se base, la réponse est toujours une formulation vague du type “je me base sur les habitudes d’utilisation et ce que j’ai trouvé sur internet”. Pas de données chiffrées. Pas de sources vérifiables.
Des outils comme SEMrush ou SE-Ranking fonctionnent différemment : ils accèdent à des données statistiques réelles, issues d’analyses précises de classements. C’est précisément pour cela qu’ils sont payants et qu’une IA gratuite ne peut pas les remplacer.
"Google ne rendra jamais ces données publiques, il protège contre les détournements de son algorithme et garde le contrôle sur la qualité de ses résultats et sur l'investissement publicitaire".
💡 Conseil d'Alice : Une IA peut vous donner des idées de départ, des pistes à explorer. Mais aucune liste de mots-clés générée par IA ne remplace une analyse dans un outil spécialisé. C'est une étape que l'on ne peut pas court-circuiter.
Hallucinations et fausses sources : quand l'IA invente avec aplomb
C’est sans doute le point le plus important et le moins connu du grand public.
Les IA sont programmées pour donner une réponse. Toujours. Même quand elles ne savent pas. Et elles le font avec le même ton assuré, qu’elles aient raison ou tort.
Le taux de fausses informations données est assez parlant : Claude (10 %) et Gemini (16,67 %) s’en sortent nettement mieux que Perplexity (dans le cadre des fausses informations relayées sur la guerre en Ukraine), pris en défaut dans 46,67 % des cas. En août 2024, le moteur de recherche alimenté par IA faisait pourtant figure d’élève modèle, en étant le seul à réfuter l’ensemble des fausses affirmations soumises par NewsGuard.
Piégés dans 40 % des cas, ChatGPT et Meta figurent eux aussi parmi les mauvais élèves. Tout comme Mistral AI, le champion français de l’IA, qui répète de fausses informations dans 36,67 % des cas. Un score identique à celui enregistré en août 2024.
(source : https://www.franceinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/quand-l-intelligence-artificielle-raconte-n-importe-quoi_7499317.html)
Alice a observé cela à de nombreuses reprises. Deux exemples concrets qu’elle a vécus :
Premier cas : les sources inventées
Elle a demandé à une IA de l’aider à rédiger un contenu sur la législation des sites internet. L’IA a cité des articles de loi. En allant vérifier ces références, elle a constaté que certains articles n’existaient pas, et que d’autres existaient mais n’avaient aucun rapport avec le sujet traité, comme citer un article sur le droit du travail pour répondre à une question sur la gestion des cookies.
Deuxième cas : Gemini et les mots-clés
Après avoir soumis une liste de mots-clés à Gemini en lui demandant des statistiques, l’IA a elle-même précisé, après avoir donné des chiffres, dans sa réponse : “C’est une hypothèse raisonnée, pas une analyse de mots-clés. Je n’ai pas accès à des outils payants comme SEMrush ou Google Keyword Planner.” Autrement dit, l’IA a reconnu qu’elle inventait des données chiffrées.
Ce qui rend ces erreurs particulièrement piégeuses, c’est que l’IA ne dit jamais “je ne sais pas”. Si vous lui signalez qu’une information est fausse, elle vous répondra simplement : “Vous avez raison, je me suis trompée.” . Ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est simplement la façon dont le logiciel est conçu.
Les recherches qu’Alice a menées indiquent que certaines IA produisent des réponses fausses ou non vérifiables dans des proportions significatives. Perplexity, par exemple, avait relayé de fausses informations dans 45 % des cas lors de recherches sur la guerre en Ukraine.
"Je ne demanderai jamais à une IA de m'aider à calculer ma déclaration d'impôts, ni de rédiger des conditions générales de vente. Les CGV sont un document contractuel. Si elles ne sont pas aux normes et qu'un client est procédurier, vous en serez responsable, pas l'IA."
💡 Conseil d'Alice : Demandez systématiquement les sources à une IA. Et cliquez dessus pour vérifier qu'elles existent et qu'elles traitent bien du sujet annoncé en donnant de vraies informations.
Le contenu généré par IA appauvrit votre référencement
Voici un mécanisme que peu de gens anticipent.
L’IA se nourrit du web pour générer ses réponses. Elle ne fait pas la différence entre un article rédigé par un expert et un texte lui-même généré par une IA.
Si de plus en plus de contenu sur internet est produit par des IA, sans vérification, sans expertise réelle, c’est ce contenu appauvri que les IA vont à leur tour recycler. Un cercle qui diminue progressivement la qualité et la fiabilité de ce qu’on trouve en ligne.
Pour le référencement, la conséquence est directe. Alice le remarque dans le code même des sites : quand on copie-colle un texte généré par une IA directement dans WordPress ou Elementor, sans faire de copier-coller “texte brut”, le code source contient des balises qui identifient l’origine du contenu. Google sait lire ce code.
Du contenu généré par IA est systématiquement dévalorisé par Google
La position de Google sur ce sujet est publique et constante depuis plusieurs années : l’utilisation de l’automatisation dans le but de manipuler le classement dans les résultats de recherche est considérée comme du spam. Les moteurs de recherche encouragent l’usage de l’IA pour des tâches créatives, pas pour produire du contenu prêt à publier.
C’est là qu’intervient le concept de E-E-A-T (Expérience, Expertise, Autorité, Fiabilité). Google valorise les contenus rédigés par de vraies personnes, qui ont une vraie expérience du sujet, qui répondent à de vraies questions. Un article qui retient le lecteur, qui est lu en entier, qui génère du temps de présence sur la page . C’est ce signal-là que Google prend en compte.
"Si tout le monde publie les mêmes contenus générés par IA, personne ne sortira son épingle du jeu. Ce sont les sites les plus connus, ou ceux qui injectent le plus d'argent en publicité, qui resteront visibles. Les petits sites, eux, n'existeront plus."
💡 Conseil d'Alice : Publier du contenu IA brut sans le retravailler ne fait pas gagner du temps. Ca fait perdre du terrain sur Google et bon courage après pour remettre à flots un site black listé.
Comment utiliser l'IA utilement dans votre stratégie SEO
Alice utilise elle-même l’IA, mais de façon ciblée. Voici les deux cas où elle lui fait confiance :
Pour débloquer l’écriture. Quand elle sèche sur un sujet, elle écrit ses premières idées en vrac et demande à l’IA d’en proposer d’autres. Elle repart ensuite de ces idées pour rédiger elle-même, avec ses propres données et sa propre expertise.
Pour des tâches techniques répétitives. Rédiger des méta-descriptions (ces courts textes de 160 caractères maximum qui apparaissent dans les résultats Google) peut devenir fastidieux sur un site avec de nombreuses pages. Elle demande à l’IA cinq propositions, en choisit une, et la retravaille. Gain de temps réel, sans compromettre la qualité.
Pour quelqu’un qui veut rédiger du contenu avec l’aide de l’IA, Alice recommande cette méthode :
- Coucher ses idées, en vrac, sur un document,
- Demander à l’IA d’enrichir ou de compléter ces idées,
- Rédiger soi-même les paragraphes à partir de ces idées,
- Demander à l’IA d’aider à hiérarchiser et structurer le plan (introduction, sous-parties, conclusion),
- Retravailler le tout pour supprimer les superlatifs, les phrases trop longues, et réintroduire ses propres formulations.
"Un bon article de blog ne se fait pas en une heure et demie. Ça se fait en un ou deux jours de travail minimum. Une bonne communication, ça prend du temps."
💡 Conseil d'Alice : L'IA est utile comme point de départ ou comme outil de structuration. Elle ne remplace pas l'expertise, la vérification des sources, ni le travail de rédaction.
Le GEO : optimiser son contenu pour apparaître dans les réponses des IA
Le GEO (Generative Engine Optimization) désigne le fait d’optimiser ses contenus pour qu’ils soient repris par les IA quand elles répondent à des questions.
Ce qu’Alice a trouvé sur le sujet : les IA valorisent les pages qui traitent un sujet de façon complète, avec des questions réelles formulées en langage naturel, et des réponses courtes et explicites. Une structure question / réponse, claire, sans délayage inutile.
Bonne nouvelle : un contenu bien travaillé pour le SEO classique, pertinent, structuré, qui répond à de vraies intentions de recherche, est aussi un bon contenu pour le GEO.
Les deux logiques convergent vers la même exigence : de l’information utile, pour de vraies personnes, sur de vrais sujets.
💡 Conseil d'Alice : Pour le GEO comme pour le SEO, la règle est la même. Répondre à de vraies questions, avec des réponses précises, sans rembourrage.
Conclusion, ce qu'Alice conseille à ses clients
"Servez-vous de l'IA pour multiplier vos idées et vos inspirations. Vérifiez toujours les informations dans des logiciels conçus pour ça ou sur des médias fiables, que ce soit du texte, une stratégie ou des mots-clés. Ne reprenez jamais un contenu sans le vérifier et le retravailler s'il vient d'une IA. Et ne tombez jamais dans la solution de facilité. Travailler son SEO avec de l'IA sans vérification, ce n'est pas un gain de temps, c'est une perte de temps et d'argent."
Si vous souhaitez mettre en place une stratégie de référencement qui repose sur des données réelles et du contenu qui vous ressemble, Studio Petit Vélo peut vous accompagner.
Questions fréquemment posées
L'IA peut-elle remplacer un outil SEO comme SEMrush pour trouver des mots-clés ?
Non. Les outils comme SEMrush ou SE-Ranking accèdent à des données statistiques réelles sur les volumes de recherche, la difficulté des mots-clés et les stratégies des concurrents. Ces données sont payantes car elles proviennent directement des classements sur les moteurs de recherche comme Google. Une IA ne dispose pas de ces informations et, si elle donne des chiffres, ils sont le plus souvent invérifiables ou faux.
Comment savoir si une réponse d'une IA est fiable ?
Demandez systématiquement les sources, puis cliquez dessus pour vérifier qu’elles existent et qu’elles traitent bien du sujet annoncé. Il arrive que des IA citent des articles de loi ou des études qui n’existent pas, ou qui n’ont aucun rapport avec la question posée.
Il arrive aussi que des IA tirent leurs données d’articles tout à fait réels mais relayant des infos totalement fausses.
Google peut-il détecter qu'un contenu a été rédigé par une IA ?
Oui. Quand du contenu généré par une IA est copié-collé directement dans un site WordPress ou autre sans suppression du code source, des balises identifient l’origine du contenu dans le code (Notion aussi fait ça). Google est en mesure de lire ces balises. Le contenu automatisé est par ailleurs considéré comme du spam dans les directives officielles de Google.
Peut-on utiliser l'IA pour son référencement sans pénaliser son site ?
Oui, à condition de l’utiliser comme outil de travail et non comme source de contenu prêt à publier. Générer des idées, structurer un plan, rédiger des premières propositions de méta-descriptions. Ce sont des usages valables. Mais le contenu final doit être retravaillé, personnalisé, et fondé sur une vraie expertise.
Les moteurs de recherche peuvent même aller jusqu’à blacklister des sites qui abusent du contenu généré par IA.
Qu'est-ce que le GEO et est-ce différent du SEO ?
Le GEO (Generative Engine Optimization) consiste à optimiser ses contenus pour apparaître dans les réponses des IA. En pratique, les exigences rejoignent celles du SEO classique : des contenus structurés, des questions réelles formulées en langage naturel, des réponses précises et sans délayage inutile.


